Selon une étude Santé publique France (2024), 60 % des parents français estiment que leur enfant passe trop de temps sur les écrans. C'est le taux le plus élevé d'Europe. Et pour cause : les 6-17 ans passent en moyenne 4 heures et 11 minutes par jour devant un écran, hors temps scolaire. Chez les ados, on dépasse les 7 heures. Face à ces chiffres, une question revient de plus en plus souvent chez les parents : comment offrir une vraie coupure à son enfant pendant les vacances ?
4h11
Écran/jour chez les 6-17 ans (SpF, 2024)
60 %
Des parents trouvent que c'est trop (SpF)
85 %
Gagnent en autonomie après une colo (JPA)
Les chiffres qui parlent
Les chiffres de Santé publique France sont sans ambiguïté. Dès 3-5 ans, 53 % des enfants dépassent une heure d'écran quotidienne. À 9-11 ans, 55 % sont au-delà de deux heures par jour. Et ces moyennes masquent des écarts importants selon les milieux sociaux : l'exposition précoce et intensive touche davantage les familles modestes.
Les effets documentés par le ministère de la Santé sont clairs : dégradation du sommeil (les ados restent éveillés au moins trois nuits par semaine à cause des écrans), baisse de l'attention chez les jeunes enfants exposés quotidiennement aux tablettes, augmentation de la myopie, réduction de l'activité physique, et chez les 12-17 ans, des symptômes d'anxiété directement liés à l'usage des écrans.
57 % des moins de 20 ans déclarent subir au moins un impact négatif lié aux écrans dans leur quotidien. Ce n'est plus un débat théorique.
Ce que dit la loi en 2025-2026
La France est en train de devenir le pays le plus strict d'Europe sur la question. Depuis la rentrée 2025, le dispositif « Portable en pause » est déployé dans tous les collèges : les élèves doivent déposer leur téléphone en arrivant. Plus de 32 000 collégiens l'avaient déjà testé, avec des effets positifs mesurés sur la concentration et le climat scolaire.
En décembre 2025, le Sénat a adopté une proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 13 ans et les smartphones dans les écoles et collèges. L'interdiction complète des smartphones pour les moins de 15 ans, y compris au lycée, est envisagée pour la rentrée 2026.
Pour les plus petits, c'est déjà acté : depuis juillet 2025, l'exposition aux écrans est interdite dans tous les lieux d'accueil des enfants de moins de 3 ans. La charte nationale des structures petite enfance le stipule noir sur blanc.
Pourquoi la colo est une réponse naturelle
Dans ce contexte, la colonie de vacances occupe une position unique. C'est l'un des rares formats où un enfant peut passer une à deux semaines dans un cadre structuré, sans écran, avec des activités qui remplissent chaque journée. Pas de temps mort à combler avec un téléphone. Pas de « juste 5 minutes » qui deviennent 2 heures.
La plupart des organismes ont déjà une politique claire sur les écrans. Beaucoup interdisent purement et simplement les smartphones, ou les collectent à l'arrivée pour les restituer au départ. D'autres autorisent un usage limité (un appel aux parents le soir, par exemple) mais retirent les appareils le reste du temps.
Et ça fonctionne. Les retours des animateurs sont unanimes : après 24 à 48 heures d'adaptation, les enfants ne réclament plus leur téléphone. Ils sont trop occupés à jouer, créer, explorer. Le manque, quand il existe, ne dure pas.
C'est d'ailleurs l'un des aspects les plus appréciés par les parents lors d'une première colonie de vacances : l'enfant revient avec un rapport différent aux écrans.
Ce que les enfants y gagnent
Les bénéfices d'une semaine sans écran dépassent la simple « détox ». Les études montrent des effets concrets et rapides.
Sommeil retrouvé
Sans écran le soir, les enfants retrouvent un rythme naturel en quelques jours.
Attention restaurée
Les activités manuelles et sportives remusclent la capacité de concentration.
Lien social réel
Pas de messagerie instantanée : les enfants apprennent à communiquer en vrai.
Créativité libérée
L'ennui (le bon) force l'invention. Sans écran, les enfants fabriquent, imaginent, jouent.
85 % des parents constatent une amélioration de l'autonomie de leur enfant après un séjour en colonie. 85 % des enfants découvrent une nouvelle passion ou un talent caché. Ce n'est pas un hasard : sans la facilité de l'écran, les enfants sont obligés d'aller vers les autres, de s'ennuyer (et donc de créer), de se confronter au réel.
Comment choisir une colo déconnectée
Toutes les colonies ne se valent pas sur la question des écrans. Voici ce qu'il faut vérifier avant de choisir :
- La politique écrans de l'organisme — Est-elle explicitée sur la fiche séjour ? Les téléphones sont-ils collectés, interdits, ou simplement « déconseillés » ?
- Le programme d'activités — Un planning dense et varié est le meilleur antidote aux écrans. Vérifiez que chaque journée est remplie.
- Le type de séjour — Les colonies nature et aventure sont naturellement les plus déconnectées. Camping, bivouac, randonnée itinérante = zéro écran par construction.
- La communication parents-enfants — Un bon organisme propose un blog de séjour ou des photos quotidiennes pour rassurer les parents, sans donner un téléphone à chaque enfant.
Certains organismes comme Telligo proposent explicitement des « colos déconnectées » où la déconnexion numérique fait partie intégrante du projet pédagogique.
En parler à son enfant sans braquer
« Pas de téléphone pendant une semaine » peut sembler terrifiant pour un ado. Quelques pistes pour aborder le sujet sans créer de conflit :
- Ne pas présenter la colo comme une punition — Ce n'est pas « on te confisque ton téléphone », c'est « tu vas vivre des trucs tellement bien que tu n'en auras pas besoin ».
- Impliquer l'enfant dans le choix — Laissez-le choisir le type de séjour. Un ado passionné de surf ne pensera pas à son téléphone sur la planche.
- Normaliser l'absence de téléphone — Rappeler que personne n'en aura. C'est la règle pour tout le monde, pas une sanction individuelle.
- Convenir d'un mode de communication — Un appel le soir, une carte postale, le blog du séjour. L'enfant sait qu'il peut donner et recevoir des nouvelles.
Notre conclusion
La législation avance, les experts alertent, les parents s'inquiètent. Mais en attendant que la société trouve son équilibre sur la question des écrans, les colonies de vacances offrent une solution concrète et immédiate : une semaine ou deux où l'enfant découvre qu'il peut parfaitement vivre — et s'amuser — sans écran.
Ce n'est pas une solution miracle au temps d'écran quotidien. Mais c'est un rappel puissant pour l'enfant comme pour les parents : la vraie vie se passe dehors, avec les autres, les mains dans la terre ou les pieds dans l'eau. Et ça, aucune application ne peut le remplacer.
Et si le budget est un frein, sachez que les aides financières en 2026 permettent de réduire considérablement le coût d'un séjour.
Sources
- Santé publique France — Études sur le temps d'écran des enfants et adolescents (2024)
- Ministère de la Santé — Rapport sur l'impact des écrans chez les jeunes
- Sénat — Proposition de loi sur l'interdiction des réseaux sociaux aux mineurs (déc. 2025)
- JPA — Baromètre annuel des colonies de vacances